Camille Renault révait depuis longtemps d’être propriétaire d’une galerie de peintures à paris.

Ce réve se réalise en 1967 au N° 133 du boulevard Haussmann.
Pour en payer le prix Camille Renault doit se résoudre à vendre le restaurant de Puteaux (à Monsieur Keffer).
Après cette vente, il n’est jamais revenu à Puteaux.
La propriété de cette galerie est pour son nouveau propriétaire une promotion dans le monde parisien du marché de l’Art. Elle lui donne le moyen de hausser le niveau de son plaisir à aider les jeunes peintres, autrement qu’en les nourrissant. Avec les plus belles pièces de sa collection, il expose la production de ses peintres : Marzelle, Perré, Chevolleau…
image (Jean Chevolleau et Camille Renault)

La galerie dont il confie la direction à Madame Czarneski devient sa demeure.

“il fait aménager les deux pièces du sous-sol. L’une ne sert que pour prendre ses repas, dans l’autre il vit : une petite salle voûtée, juste assez longue et assez large pour accueillir un lit dans un sens, une table et quelques chaises dans l’autre. aucune fenêtre, seulement des peintures, des peintures partout, aux murs, sur la table, sur le lit, sur les chaises, en piles par terre...”
Pendant une douzaine d’années Camille Renault partage son temps entre le boulevard Haussmann et Broué où il passe habituellement les week-end. Douze années de soucis financiers (le fisc et Broué) de fatigues et des atteintes de l’âge qui vont avoir raison d’une constitution apparemment solide et rendre Camille Renault de plus en plus dépendant.
En 1977, il est admis à l’hospice de Dourdan.
Avec un moral remontant celui de ses autres visiteurs, il attendra sept ans le moment des adieux définitifs. Sept années d’horizon restreint à celui de sa chambre, gai quand même, au moment des visites fréquentes de sa famille Ledoigt (continués par sa filleule après le décès de Monsieur Ledoigt en 1981) et des visites de madame Czarneski qui apporte régulièrement les nouvelles de la galerie et, principalement de ses peintres, singulièrement absents.
Mais implacablement, entre deux visites de sa filleule, le 1er Mars 1984, Camille renault “ignoré, presque maigre” va retrouver, pour l’éternité son ami Jacques Villon.
Il est inhumé au cimetière de son village natal Trie-Château.

La galerie du Boulevard Haussmann, vendue en 1985 est devenue la galerie Fanny Guillon-Lafaille. Elle existait encore en 1991.
Sa collection qui comportait quelques deux cent peintures signées, on ne sait pas exactement que qu’elle est devenue. Il y a eu pendant un certain temps une cinquantaine de toiles exposées à Broué.

L. Kammer Locher (source d’après Pierre Cabanne - auteur d’ouvrages et d’articles sur les peintres contemporains)
spécial Camille Renault - mars 1991 - La Lettre de la Société Historique Artistique et Littéraire de Puteaux

Article publié par Marie de Mazan Tous droits réservés
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