C’EST L’AMBITION DE L’ASSOCIATION CAMILLE RENAULT ET LE BATEAU DE PIERRE

Plus que jamais, l’association s’engage avec vitalité à défendre le patrimoine architectural et culturel laissé par Camille Renault.
Il est à ce jour inimaginable d’abandonner le « bateau de pierre » qui a engrangé tant de souvenirs dans notre mémoire collective. Ce bateau est un véritable trésor secret de l’imaginaire.
2009, sera l’année de tous les défis pour faire connaître et reconnaître l’importance de notre combat pour la protection d’un bien que nous considérons appartenir à   tous.
Camille Renault très en avance sur son temps a rêvé ce bateau pour ses amis peintres comme un refuge pour les mauvais jours mais aussi un havre de paix pour apprivoiser le temps   en laissant à chacun la liberté d’improviser son art de vivre.
Camille Renault mieux que personne connaissait l’âme du peintre.  Il savait en un regard détecter les joies et les peines de ses amis.  Pour eux, à disposition,  il y avait toujours le couvert, les chambres, les ateliers et une chapelle.  Les grands noms de la peinture ont tous hanté le bateau : Picasso, Matisse, Jacques Villon, Vitalis, Léger…
Un habitant de Broué aime toujours raconter que Le Corbusier qui vagabondait à travers le monde faisait dès son retour en France, une halte d’une semaine pour se reposer au bateau.
Détourné de sa vocation à la mort de Camille Renault en 1984, le bateau devient pizzeria puis le siège d’une entreprise. L’art est oublié même si l’ombre de Camille
se dessine sur les murs…
Le bateau petit à petit va souffrir d’un manque d’entretien et de respect pour frôler les abimes de la détresse. Comme une âme en peine Camille Renault du haut du ciel,
va pleurer en silence devant un tel désastre.
Pourtant un soir d’hiver, le bateau s’est illuminé dans cette belle plaine de la Beauce.
Il était beau, magnifique et triomphant comme un géant prêt à affronter toutes les tempêtes.
Ce soir là, j’ai veillé. J’étais dans la capitainerie, assise dans le fauteuil de Camille, enveloppée dans une couverture. Je regardais à travers les grandes baies vitrées la nuit toute étoilée.  Il me plaisait d’imaginer notre capitaine inséparable de sa grosse écharpe tricotée main au gouvernail de son bateau,  fier, imposant et déterminé.
Comment oublier une telle image ?
Au petit matin, le froid me saisit. L’enchantement était terminé. La réalité reprenait place. Silence pesant, accusateur d’un renoncement. 
Me sera-t-il possible de quitter maintenant le bateau sans me retourner ?
Je n’ai pas pu…
Quelques mois plus tard,  je suis revenue avec des amis et là nous avons fait le serment, qu’un jour le bateau reprendrait le large pour côtoyer les îles de la Poésie, de la Peinture et de la Sculpture
Il est temps aujourd’hui de se lancer de nouveaux défis pour gagner la bataille finale.
Nous sommes prêts.
Et vous ?

Marie de Mazan